Vous avez été nombreux à me demander le Guide libertarien des Programmes Politiques, ouvrage pratique qui vous explique (gratuitement !) les dix questions à se poser quand un parti politique (même s’il se dit libertarien…) vous expose son programme. Ces dix questions vous permettent de débusquer les intentions cachées des partis, surtout lorsqu’ils vous annoncent qu’ils vont vous protéger, qu’ils vont améliorer votre niveau de vie ou qu’ils vont relever le pays, dans l’intérêt général bien entendu.
L’art du libertarien est de percer à jour les conséquences concrètes des bonnes intentions affichées par la caste et par les candidats aux élections qui en sont les meilleurs porte-parole, qu’ils soient de droite ou de gauche.
Si vous n’avez pas encore ce guide, il est encore temps de le demander, en m’écrivant à :
academiedelaliberte2025@gmail.com
Je crois que l’analyse politique lucide et perspicace est une étape essentielle pour reprendre le contrôle de nos vies, de nos destins, de nos libertés et de nos droits, que la dérive “verticaliste”, jupitérienne, de la caste, dont je parle souvent dans ces colonnes, grignote jour après jour depuis une bonne quarantaine d’années. Sous le prétexte fallacieux de nous protéger, la caste nous contrôle et nous entrave sans cesse un peu plus, et je dirais même d’autant plus qu’elle sent que la situation peut lui échapper à tout instant.
Mais j’ai bien conscience qu’analyser est frustrant : cela revient à contempler le mur sur lequel se heurte tout projet politique “solutionniste”. Et je sais que beaucoup d’entre vous finisse par se désespérer. Ils cherchent des sauveurs, des projets politiques cohérents qui pourraient les aider, et, chaque fois, la désillusion arrive. Même les "meilleures" intentions politiques se heurtent à ce mur infranchissable.
C’est parce que ce mur existe que je peux prédire sans crainte que le prochain Premier Ministre échouera dans tout projet d’inverser la tendance à l’endettement de la France, quel que soit son horizon politique.
Mais quel est ce mur qui nous enferme dans un ghetto collectif ?
Les raisons de cet échec sont rarement perçues par nos compatriotes, et ceux qui les perçoivent ont souvent beaucoup de mal à en diagnostiquer la profondeur. Cet aveuglement tient à leurs attentes même vis-à-vis de la société : élevés au biberon du rationalisme traditionnel que propage l’Education Nationale, ils croient à des illusions comme le fait qu’un gouvernement soit indispensable dans une société (attention, je parle de gouvernement, pas d’Etat), et que la tâche de ce gouvernement soit de régler les problèmes de la société dans son ensemble.
Les Français sont d’ailleurs des grands spécialistes de cette logique où chaque problème suppose une loi pour le régler. Tout le monde a en tête un fourmillement d’exemples où l’obsession solutionniste des gouvernements a débouché sur une industrie de la réglementation (qui, malheureusement, ne se délocalise pas…) dont le seul effet est de prouver jour après jour l’impuissance des pouvoirs publics !
Exemple : des femmes sont sifflées dans la rue (ce qui est indigne, nous sommes d’accord). On s’empresse de faire une loi, avec des circulaires enjoignant aux forces de police de combattre durement les siffleurs. Pendant ce temps, les policiers ne pourchassent plus les voleurs… et l’insécurité explose. Il y a trop de morts sur les routes ? On limite la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales. L’intérêt de cette mesure est surtout d’améliorer les recettes des procès-verbaux.
Je pourrais remplir quelques encyclopédies avec des exemples de ce type.
Tout cela repose sur l’idée que la société ne peut s’adapter spontanément aux problèmes. Il lui faut forcément un médecin avec un diplôme en bonne et due forme et une blouse blanche pour la guérir.
Ce réflexe conditionné, né de la philosophie des Lumières qui structure notre corpus éducatif, fait croire aux individus que leurs problèmes courants relèvent de la décision collective, et particulièrement d’une intervention bureaucratique, avec des fonctionnaires en cravate qui expliquent que, ayant fait l’ENA et au nom du peuple français, ils sont mieux équipés que le citoyen ordinaire pour régler les problèmes de ce citoyen.
On retrouvera ici l’illusion du contrôle, ce que le philosophe autrichien Friedrich Hayek appelait la “présomption fatale”. Ceux qui ont lu le Guide libertarien des programmes politiques savent déjà de quoi je parle ici. Cette présomption à cause de laquelle une caste se croit investie de la mission pour ainsi dire divine d’encadrer la société est aujourd’hui en train de voler en éclat. Elle cause un immense mécontentement populaire, car cette présomption est, au sens propre, une fiction présomptueuse.
Il ne faut pas franchir le mur, il faut l’abattre !
En réalité, seule la société dans son for intérieur est capable de résoudre ses problèmes, sans intervention d’une caste, sans intervention d’un gouvernement, sans intervention d’un Etat, simplement par la puissance de l’ordre spontané, qui vient des profondeurs de l’Homme lui-même.
Les Belges, qui ont parfois de bons côtés, en ont donné plusieurs fois la démonstration. La Belgique vit en effet régulièrement des périodes d’instabilité ministérielle. Il arrive parfois qu’aucun gouvernement ne voit le jour pendant plusieurs mois. L’expérience montre que, chaque fois que la société belge a dû se prendre en main sans gouvernement, elle a connu des phases de prospérité et de développement rapide. Pour une raison simple : elle ne cherche plus, alors, à franchir le mur illusoire de la planification par le haut, elle l’abat, de fait, en laissant les énergies s’exprimer sans s’occuper de “planifier” l’avenir avec des programmes, des projets, des objectifs chiffrés et des indicateurs qu’il faut suivre méthodiquement - toutes recettes dont on connaît la toxicité.
Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus d’Etat. Je dirais même le contraire : lorsqu’il n’y a plus de gouvernement pour exiger des policiers qu’ils courent après les goujats qui sifflent les femmes dans la rue, les policiers ont plus de temps et d’autonomie pour s’occuper des problèmes prioritaires d’ordre public. Cela ne signifie pas que protéger les femmes contre les siffleurs ne soit pas important. C’est important ! Mais ce n’est pas prioritaire par rapport aux agressions en tous genres qui fleurissent lorsque la police ne s’en occupe plus.
Le sujet que nous avons à traiter est bien là : comprendre qu’il faut construire une société de confiance, et d’abord de confiance dans l’avenir, où nous pensons que la construction de la prospérité collective n’est pas le monopole de quelques-uns, chargés de planifier une société où les autres seront heureux, car ce modèle technocratique montre chaque jour sa dangerosité et ses vices. La construction de la prospérité collective ne peut que reposer sur la société dans son ensemble, sans imaginer, comme je l’ai trop souvent entendu chez de prétendus “libéraux”, que nos concitoyens ne sont pas capables de s’en sortir tout seuls.
Ce modèle suppose moins de règles, mais plus de droit, comme disait là encore Hayek ! Le philosophe autrichien distinguait en effet le droit en tant qu’expression des règles fondamentales d’une société démocratique où le “droit naturel”, en quelque sorte, était la seule boussole à suivre, et les réglementations en tout genre, qui usurpaient la force du droit, et servaient simplement à imposer un projet “planiste”, comme on disait dans les années 30.
Répétons-le, tout projet, même prétendument démocratique, qui prétend que la société doit tout régler collectivement, tout résoudre, qu’elle aurait un droit de regard sur tout - tout projet de cet ordre est par nature voué à l’échec, car il nourrit l’illusion que quelques cerveaux réunis dans une salle sont plus puissants que la totalité des cerveaux mus par l’énergie quotidienne de vivre.
La Liberty Academy formera au déploiement de cette révolution
Je mesure très bien que cet appel à changer de logique et d’horizon en laisse plus d’un perplexe. C’est abstrait. C’est flou. C’est théorique. Et la caste s’entend à rendre encore plus flou ce qui ne saute pas immédiatement aux yeux de ceux qui, dès la naissance, sont formatés pour ne comprendre que le rationalisme constructiviste de ceux qui considèrent de l’avenir se planifie.
Il faut désormais prendre le temps d’éclaircir point par point ce que tout cela signifie.
Concrètement, quelle est la différence entre l’ordre spontané et l’anarchie ? Quelle place réelle accorder à l’ordre et au régalien dans cet ensemble ? Comment penser la notion de “peuple”, dans ce qu’il a d’à la fois simple et complexe (notamment autour de la notion d’identité). Ainsi, le discours actuel adore dire que le peuple est “maltraité” par la caste. Que devient-il si l’intervention de l’Etat est remise en cause ? Cesse-t-on de s’en préoccuper pour instaurer la loi de la jungle ?
Toutes ces questions sont si nombreuses et si complexes qu’elles paraissent insurmontables.
Et puis comment passer d’une société suradministrée à une autre société, où la liberté aurait reconquis sa place. Je pense ici aux malades et aux retraités : comment assurer la transition entre notre étouffant et ruineux système actuel de sécurité sociale, à un système moins administré, sans causes d’immenses dégâts difficiles à supporter ?
Toutes ces questions appellent une logique différente, et surtout des réponses précises.
Elles seront au coeur de la Liberty Academy qui sera lancée le 14 septembre au soir, selon des modalités que je vous préciserai bientôt !
A très vite !





