Macron et les macronistes : quand la stabilité émotionnelle devient un problème psychiatrique
Macron montre la voie à ses électeurs : il sait tout mieux que tout le monde, n'a jamais tort, n'écoute personne, sauf pour lui prouver qu'il a une meilleure idée. Résultat : un pays en ruine.
C’est le paradoxe de la stabilité émotionnelle tel que le modèle OCEAN (ou Big Five) la décrit sous le mot “neuroticism”. Les macronistes se reconnaissent au fait qu’ils ont un faible “neuroticism”, aussi appelé névrosisme (j’ai consacré un long papier à ce sujet dans le Courrier des Stratèges). En un mot, ils sont peu inquiets, peu angoissés. Ils ne doutent pas. Quand ils prennent une décision, c’est parce qu’ils ont raison. Quand ils rencontrent une opposition, c’est parce que l’autre n’a pas compris, et est probablement très bête. Quand ils échouent, c’est à cause des autres, des idiots, des arriérés, des “rien”.
En un mot, ils sont émotionnellement stables : leur monde est aussi solide que leurs certitudes.
Au premier abord, c’est une immense qualité : ni l’angoisse, ni la peur, ni la colère ne les habitent. Ils ne sont pas submergés par leurs émotions. Ils sont rationnels et formatés dès l’école dans ce rationalisme d’apparat, fondé sur des constructions théoriques que rien ne peut ébranler. La retraite ? à 65 ans, forcément. Benalla protégé par son mentor devenu Président ? Qu’ils viennent le chercher, ce mentor, s’ils osent. Une maladie survient : on vaccine à tour de bras, sans se poser de question.
La décision est toujours sans appel et sans retour possible. C’est tellement évident ! et puis c’est si insupportable, tous ces cons qui veulent contrecarrer votre volonté… la connerie se reconnaissant, bien entendu, au statut social inférieur de celui qui conteste.
Au fond, le macroniste ne souffre pas d’être ce qu’il est. Il en est au contraire très fier, et ce qu’il aime, chez Macron, c’est cette satisfaction d’être soi, c’est-à-dire quelqu’un qui coche à toutes les cases de la haute bourgeoisie dominante, qui a réussi dans la vie, et qui n’appartient pas au prolétariat. Le Président montre l’exemple, et c’est pour ça qu’on le respecte.
Je ne veux pas dire que SEULS les macronistes se réjouissent de leur statut social et pensent qu’il démontre une supériorité intellectuelle. J’ai par exemple entendu Laurent Alexandre, qui conseille discrètement le Rassemblement National, soutenir que l’intelligence était héréditaire et que la pauvreté aussi. Cela prouve que l’on peut ne pas être macroniste et voir le monde avec la même stabilité émotionnelle qui tourne à la psychorigidité.
Mais, dans le macronisme, il y a une espèce de culte porté au paroxysme. Les macronistes ont d’abord aimé et soutenu Macron parce qu’il était, prétendument, un génie : le Mozart de la finance, si jeune et déjà Président de la République, si hors norme, normalien, agrégé, docteur même. Rien de tout cela n’était vrai, bien sûr, mais ceux qui ont forgé la légende qui allait bien savaient que les personnes émotionnellement stables ne reconnaissent jamais qu’elles ont ou ont eu tort. Leur faire gober la couleuvre une fois créait une loyauté indéfectible à l’homme de paille qu’ils inventaient.
Les macronistes se sont trompés sur Macron. Mais face aux erreurs flagrantes qu’un macroniste commet, il a deux attitudes parfaitement étudiées.
La première consiste à nier mordicus les évidences. Non, il ne s’est pas trompé. Non, le pays n’est pas bloqué à cause de la morgue présidentielle. Non, Macron n’est pas un imposteur : il est vraiment supérieurement intelligent, clairvoyant, perspicace. Non, il ne s’est pas fourvoyé, il ne NOUS a pas fourvoyé : le problème, c’est la classe politique, la médiocrité des Français, le désordre voulu par les extrêmes.
La seconde consiste à s’enferrer dans l’erreur jusqu’au suicide collectif. Mieux vaut détruire le pays plutôt que de reconnaître qu’on a eu tort. On aura raison jusqu’au bout. C’est leur petit côté bunker d’Hitler : si l’Allemagne perd la guerre, c’est parce que les Allemands ne sont pas à la hauteur de leur chef.
On connaît cette chanson depuis si longtemps.
Depuis 2018, Macron la fredonne sans discontinuer : les solutions, c’est lui, les erreurs, c’est les autres. Et cet entêtement (relisez vraiment mon papier sur le Courrier) est la cause même du soutien dont il bénéficie auprès des 20% de Français qui votent encore pour lui : ils ont raison, “parce qu’ils sont” le système, c’est-à-dire les gagnants de la partie, et ceux qui en changent les règles pour gagner chaque fois. Les autres n’ont qu’à manger leur chapeau et obéir.
Je ne pourrais mieux décrire la psychorigidité. Ne jamais lâcher, ne jamais faire de compromis, ne rien céder, tricher s’il le faut, faire perdre la face, mais avoir raison envers et contre tout et tous.
L’entêtement avec lequel Macron impose un gouvernement minoritaire depuis plus d’un an, avec lequel il a imposé Bruno Le Maire, dimanche soir, à la tête des Armées, provocant un cataclysme politique, est une nouvelle illustration de cette “stabilité émotionnelle” poussée jusqu’au vice, et même jusqu’à la folie.
Nous ne savons pas encore jusqu’où la crise que cette irresponsabilité engendre pourrira. Peut-être jusqu’à un grand cataclysme. Mais même si ses effets les plus durs devaient se tasser, la psychorigidité présidentielle a fracturé, et même fragmenté le pays.
Nous voici à la veille de lendemains, on le sent bien, qui vont déchanter, et il faut s’y préparer.
Face aux problèmes qui arrivent (et qui ne font probablement que commencer à tout petits pas), il y a plusieurs attitudes possibles.
Majoritairement, les Français (au sens large) veulent remplacer Macron par une autre tête qui fera un autre usage du pouvoir, sans en changer les règles fondamentales : une société verticale avec un Etat intrusif, bureaucratique, revêtu des habits trompeurs de la “protection” pour tout régenter et organiser le groupe.
Minoritairement, et parfois obscurément, d’autres Français cherchent autre chose : de la respiration, de l’air libre, un retour à leur pré carré, et une confiance officielle dans leur capacité à s’organiser et à prospérer sans l’Etat, sans les fonctionnaires, sans les formulaires CERFA, sans déléguer leur liberté à quelques crânes d’oeuf qui croient tout savoir mieux qu’eux.
Ce chemin-là est plus escarpé et moins goudronné que le langage galvaudé de l’Etat providence si facile à tenir. Il fait référence à une société plus hasardeuse, décentralisée, moins hiérarchisée et moins contrôlée. Forcément, tous ceux qui aiment l’ordre dans ce grand bordel qu’est la vie sont méfiants vis-à-vis de ces idées. La simple idée de laisser la main à des “moi souverains” qui affirmeraient leur instinct vital suffit à les glacer, à évoquer la loi de la jungle, et autres images d’Epinal
Je prétends néanmoins que la France serait plus prospère et les Français plus heureux si des marges de liberté étaient redonnées dans de vastes espaces de la société, notamment dans la création et la conduite d’entreprise.
Mais pour comprendre ces phénomènes et des projets, il faut sans doute apprendre patiemment à ruminer la réalité dissimulée aujourd’hui par les slogans de la propagande majoritaire, et il faut apprendre à revenir aux faits tels qu’ils sont au-delà des postures. En somme, il faut éduquer son regard, ce qui est un véritable travail, au sens latin du terme, c’est-à-dire une torture. Mais une torture utile pour accéder au bonheur terrestre.
C’est avec cet objectif ambitieux que j’ai créé la Liberty Academy, que vous pouvez rejoindre en vous abonnant ci-dessous.
La Liberty Academy est un programme élitiste, mais accessible dans ses termes et ses présentations, qui, pendant une année, vous forme à une autre vision du monde. Non, l’Etat ne vous protège pas, oui, il vous surveille et veut vous contrôler. Non, la loi ne sert plus à instaurer la Justice, elle justifie surtout la prédation, la spoliation, les transferts imposés de richesses. Non, la violence de l’Etat n’est pas légitime : elle est un moyen de coercition pour vous mettre au pas et vous forcer à accepter un modèle de société sur lequel vous n’êtes jamais consulté.
Pour comprendre ces raisonnements, il faut laisser parler son instinct (ce qui ne coule pas de source), mais aussi le compléter, l’enrichir, l’approfondir, en se formant à des modes de pensée et des analyses qui sont peu diffusées dans notre société hyper-normalisée.
La Liberty Academy se propose de vous les faire découvrir.





En partant du macronisme stratifié et insoluble dans les mentalités des fans du bonhomme, vous faites très fort pour attirer les personnes (vraiment) intelligentes ou chez qui le doute aurait fait son chemin dans des circonvolutions oubliées de leur cerveau, et venant enfin de les réactiver, vers une conception de la vie et de l'état très différente de leurs certitudes antérieures. Je ne suis pas sûre qu'ils arrivent à prendre le virage sans encombre, car pour ça, ils devront renier leurs "croyances" quasiment religieuses à tel point qu'ils devront réinventer leur pensée et leur vie.
Je le vois encore aujourd'hui dans les gens qui saturent mon environnement : ils ont encore incapables d'admettre que la pandémie Covid était en fait une "plandémie" et qu'ils se sont fait avoir. Et reconnaître ce fait et les risques qu'ils ont encourus avec les vaccins en particulier, c'est au-dessus de leurs capacités : cela voudrait dire qu'ils ont eu tort depuis le début. Beaucoup refusent cette possibilité car ça les ferait tomber dans une crise existentielle qu'ils ne peuvent affronter. Le dénie a encore de belles années devant lui. Malheureusement.