Les électeurs de Macron consomment-ils plus de cocaïne que les autres
L'expérience En Marche coïncide avec une diffusion de la cocaïne... dans les milieux qui forment les gros bataillons du macronisme.
La France a connu une augmentation marquée de la consommation de cocaïne depuis 2017. En 2023, le nombre de consommateurs de cocaïne a atteint 1,1 million de personnes, ce qui représente un doublement en seulement six ans. Plus généralement, en 2017, plus d'un adulte sur vingt (18-64 ans) déclarait avoir déjà expérimenté la cocaïne (5,6%), un chiffre trois fois supérieur à celui de l'an 2000 (1,8%). Cette progression s'est accélérée de manière notable depuis 2014, et en 2023, environ un adulte sur dix avait déjà expérimenté la cocaïne en France.
L'accessibilité du produit a été facilitée par une augmentation de sa pureté et une relative stabilité de son prix. La pureté moyenne de la cocaïne saisie en France a considérablement augmenté, atteignant 73% en 2023 et même 80% pour les échantillons analysés, contre 46% en 2011. Cette pureté élevée est associée à des risques sanitaires accrus pour les consommateurs. Malgré cela, le prix du gramme est resté relativement stable, oscillant entre 50 et 70 euros en 2023, ce qui représente un coût quatre à cinq fois inférieur à celui d'il y a trente ans. La combinaison d'un prix stable ou en légère baisse et d'une pureté croissante contribue directement à la "démocratisation" de l'usage de la cocaïne. Ces caractéristiques rendent le produit plus accessible financièrement et peuvent le faire percevoir comme de meilleure qualité ou moins dangereux, alimentant ainsi la hausse de la consommation dans des segments plus larges de la population.
Les saisies de cocaïne en France ont atteint des niveaux records, avec 47 tonnes interceptées en 2024. Bien que l'année 2023 ait enregistré une légère baisse à 23,2 tonnes (soit une diminution de 16% par rapport au record de 27,7 tonnes en 2022), le seuil des 20 tonnes saisies annuellement a été systématiquement dépassé depuis 2021. Cependant, malgré ces saisies importantes, les estimations officielles suggèrent qu'elles ne représentent qu'une petite fraction (5 à 10%) de la cocaïne totale qui entre sur le territoire français. Le fait que, malgré des saisies record, le prix de la cocaïne reste stable, indique qu'une quantité toujours plus importante de marchandise continue d'arriver sur le sol français, suggérant une "submersion" du marché qui dépasse les capacités d'interception actuelles. Cela signifie que les efforts d'interdiction, bien que considérables, ne parviennent pas à endiguer l'offre globale, ce qui facilite une diffusion plus large et une consommation accrue à travers le pays.
Démocratisation de la cocaïne sur tout le territoire
La cocaïne a perdu son image initiale de drogue "glamour" associée aux "ghettos dorés" ou au "milieu du show-business". Elle s'est "banalisée", se répandant dans "tous les milieux", y compris parmi les personnes aux moyens financiers limités. Cette transformation sociologique profonde la fait passer d'un produit de niche à un produit de consommation de masse.
Parallèlement, le phénomène a connu une "homogénéisation territoriale", la cocaïne étant désormais présente dans "toutes les régions" de France, dépassant les centres urbains traditionnels pour toucher également les villes moyennes et les zones rurales. Des villes comme Valence, Le Creusot et Rennes subissent désormais les effets dévastateurs du trafic de stupéfiants, y compris des conflits violents. Cette diffusion généralisée, tant sociale que géographique, montre que l'augmentation de la consommation n'est plus un phénomène localisé mais un défi national.
L’augmentation de la consommation de cocaïne est particulièrement prononcée chez les jeunes adultes âgés de 15 à 34 ans. Chez les 18-25 ans, le taux d'expérimentation peut dépasser 8%, et plus de 10% des 26-34 ans avaient expérimenté la cocaïne en 2017. Une tendance notable est la "féminisation" de l'usage de la cocaïne, avec une augmentation significative de la consommation chez les femmes. En 2005, les femmes représentaient 26% des usagers adultes de cocaïne, un chiffre qui a atteint un tiers en 2018.
En ce qui concerne les milieux professionnels, bien que toutes les professions soient concernées, les individus travaillant dans des secteurs avec des "cadences intensives ou des horaires qui se chevauchent" sont davantage enclins à consommer de la cocaïne. Les secteurs particulièrement exposés incluent les arts et spectacles, l'agriculture, l'hébergement/restauration, le transport et la construction. Certaines sources indiquent que 1 à 3% des salariés reconnaissent avoir consommé de la cocaïne pendant ou juste avant leur temps de travail.
Au niveau des catégories socio-professionnelles (CSP), la consommation de cocaïne est plus élevée chez les "cadres", les "artisans-commerçants" et les "ouvriers" comparativement aux professions intermédiaires. Chez les femmes, la consommation est particulièrement prévalente parmi les "catégories les plus diplômées", telles que les "professions intellectuelles supérieures" et les "cadres". Les usagers qui cherchent un traitement pour des problèmes de cocaïne présentent souvent des caractéristiques sociales plus favorables, avec une proportion plus élevée d'artisans, de cadres, de professions libérales et de professions intermédiaires, ainsi que des niveaux d'éducation et des taux d'emploi supérieurs.
La diffusion de la cocaïne dans les milieux professionnels présente une double nature. D'une part, elle est utilisée comme un "stimulant" ou un "booster" pour la performance dans des emplois exigeants, notamment dans certains secteurs professionnels. D'autre part, sa "démocratisation" signifie qu'elle est également consommée par des "personnes intégrées socialement" qui estiment "contrôler" leur usage, souvent limité au week-end. Cela indique que l'augmentation n'est pas uniquement le fait d'une culture de la "performance" dans les emplois dits "élites", mais aussi d'une acceptation sociale plus large et d'un usage récréatif dans diverses couches sociales intégrées.
Macronisme et cocaïne
L'électorat d'Emmanuel Macron est particulièrement solide parmi les tranches d'âge plus avancées. En 2022, il a obtenu 30% des voix des 60-69 ans et 41% de celles des plus de 70 ans. En revanche, son soutien est moins prononcé chez les jeunes électeurs, avec des taux d'abstention élevés au premier tour de 2022 : 42% chez les 18-24 ans et 46% chez les 25-34 ans.
Géographiquement, Emmanuel Macron est largement perçu comme le "candidat des grandes villes". Il surclasse significativement ses rivaux dans la plupart des métropoles et grandes villes. Dans les communes de plus de 200 000 habitants, il a recueilli 29% des voix en 2022. Son soutien diminue à mesure que l'on s'éloigne des cœurs des grandes agglomérations. Les zones côtières et les régions touristiques économiquement prospères constituent également des bastions de vote pour Macron, en partie en raison de la présence d'un électorat retraité.
La concentration du soutien d'Emmanuel Macron dans les grands centres urbains et parmi les démographies plus âgées contraste avec l'homogénéisation territoriale de l'usage de la cocaïne. Cette divergence indique que, si l'électorat de Macron peut être géographiquement concentré, la propagation de la drogue est beaucoup plus diffuse, affectant également les zones rurales et périurbaines. Cela signifie que la diffusion de la drogue ne se limite pas aux bastions électoraux de Macron et n'est pas exclusivement alimentée par eux.
Cocaïne, macronisme, classe sociale
Emmanuel Macron bénéficie d'un soutien constant et fort de la part des "cadres", avec 35% d'entre eux votant pour lui en 2022. Parmi les CSP+, il a rallié pas moins de 40% des voix des cadres du secteur privé. Une part significative de son électorat occupe des postes de direction ou d'encadrement, ou jouit d'une certaine autonomie professionnelle.
Son soutien est également particulièrement élevé parmi les personnes les plus diplômées (Bac+3 et plus), avec 33% de ce groupe votant pour lui. Quant à son positionnement politique, bien qu'une majorité de ses électeurs (54%) se positionnent au centre-droit, une part substantielle (46%) se déclare de gauche, ce qui témoigne d'un large attrait centriste.
L'alignement prononcé entre l'électorat de Macron et les catégories socio-professionnelles supérieures (cadres, CSP+, très diplômés) crée un chevauchement démographique direct avec le segment croissant des consommateurs de cocaïne identifiés comme "cadres" et "professions intellectuelles supérieures". Cela suggère que l'augmentation de la consommation de cocaïne touche effectivement les milieux sociaux favorables à Emmanuel Macron, non pas de manière exclusive, mais de façon significative au sein de ces catégories partagées.
Pourquoi il faut nuancer sur le lien entre macronisme et cocaïne
Il existe un chevauchement manifeste entre les groupes sociaux qui constituent une base solide pour Emmanuel Macron (cadres, CSP+, individus très diplômés) et ceux identifiés comme connaissant une augmentation de la consommation de cocaïne (cadres, professions intellectuelles supérieures, en particulier chez les femmes). Cela indique que l'augmentation de l'usage de la cocaïne touche bien les milieux sociaux favorables à Emmanuel Macron.
La "féminisation" notable de la consommation de cocaïne, en particulier chez les femmes très diplômées et celles occupant des professions intellectuelles ou des postes de cadre, correspond également à l'attrait de Macron auprès des segments éduqués de la population. De plus, la forte performance électorale de Macron dans les grands centres urbains, qui ont historiquement été des pôles majeurs de consommation de cocaïne, suggère une convergence géographique, même si l'usage de la drogue s'homogénéise sur l'ensemble du territoire.
Ce chevauchement s'étend au-delà des simples données démographiques pour englober des environnements professionnels partagés. Le fait que la cocaïne soit utilisée comme un "stimulant" pour la "performance" dans des professions soumises à des "cadences intensives" suggère que l'augmentation de la consommation affecte des cercles sociaux qui correspondent aux profils professionnels souvent associés à l'électorat de Macron, notamment dans les secteurs dynamiques et compétitifs. Cela met en lumière un lien fonctionnel plus profond entre certaines exigences professionnelles et la consommation de drogues au sein de ces milieux spécifiques.
Malgré les chevauchements identifiés, il est essentiel de souligner que l'augmentation de la consommation de cocaïne est avant tout une "démocratisation" touchant toutes les classes sociales. La drogue a perdu son ancien "glamour" et n'est plus cantonnée aux cercles aisés ou "élites". Cette diffusion généralisée signifie que, si les milieux sociaux favorables à Macron sont affectés, ils ne sont pas les seuls ni les plus impactés de manière disproportionnée par rapport à la tendance sociétale globale.
L'homogénéisation territoriale de la drogue, qui s'étend aux zones rurales et périurbaines, des territoires qui ne sont généralement pas des bastions de l'électorat de Macron, souligne davantage que le phénomène est aussi un défi national et pas seulement un problème limité à des segments politico-démographiques spécifiques. La perception décroissante de la dangerosité de la cocaïne contribue également à son acceptation et à son usage plus larges dans des strates sociales diverses, indépendamment de l'affiliation politique.







Merci mon cher Eric pour cet article remarquable. Une question me vient à l'esprit sur les dates d'augmentation de la consommation de cette drogue : y-a-t-il une corrélation entre l'augmentation de la consommation et la crise Covid ? Ce paramètre me semble intéressant car cette crise a déboussolé beaucoup de personnes, notamment chez les ados et et les adultes (oublions ici les enfants qui ne sont en principe par consommateurs, même s'ils sont les victimes majeures de cette plandémie). Par ailleurs, le fait qu'une grande majorité des adultes se soient faits injectés, et que les vérités émergentes montrent comment ils ont été manipulés sur l'efficacité de ces injections et leurs effets secondaires, pourrait pousser certains, qui ne peuvent accepter cette vérité, à trouver dans la cocaïne ou tout autre drogue un moyen de ne pas se confronter à la réalité, qui les terrorise.
Bon, c'est une extension de mon cru à votre article et si vous aviez des éléments répondant à ma question, je vous en serais très reconnaissante.
AU plaisir de vous lire.