22 Commentaires
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Avatar de Maivan LECOQ

C'est le deuxième article que je lis, dans lequel vous évoquez longuement la mort de votre fils.

Par deux fois j'ai lu vos mots la gorge serrée et le souffle court.

Je suis tristement admirative du sang-froid et du recul avec lequel vous parvenez à raconter ce drame épouvantable. Et tout aussi scandalisée par l’absence d’empathie du médecin qui « soignait » votre Max.

Vous avez raison : aujourd’hui, le prétexte du « manque de moyens » revient tel un leitmotiv pour maquiller la paresse, l’incompétence et la malhonnêteté les plus crasses de certains fonctionnaires (pas tous, je le souligne).

Quand vous dites « l’hôpital public constitue aujourd’hui un monstre froid, inhumain, dominateur et sans état d’âme où le droit du patient n’a guère sa place. », j’acquiesce avec douleur.

Au printemps dernier, quelque part en Bretagne, ma tante, si joyeuse et vivace, est sortie handicapée d’une intervention neurochirurgicale. Ses lésions cérébrales ont été jugées « irréversibles » par un seul et unique médecin, alors que notre famille exigeait le diagnostic d’autres spécialistes.

L’hôpital s’y est opposé (il ne tenait peut-être pas à ce que des professionnels compétents consultent le dossier).

Et comme « ses lésions cérébrales étaient irréversibles », l’équipe soignante a décidé, contre notre avis et malgré tous nos recours, à stopper ses soins et son alimentation.

Après 3 mois de privation de soins et de nourriture, ma tante est morte de faim et d’épuisement. Dans l’hôpital censé la soigner.

Donc je ne partage que trop votre colère.

Je suis terriblement, infiniment désolée pour Max.

Avatar de Christelle Girerd

100 % d'accord avec vous. Cette accumulation de fainéantise, d'indifférence, d'égoïsme, en un mot d'inhumanité, est insupportable. Et comme dans votre cas malheureusement elle a parfois (régulièrement ?) des conséquences atroces. Mais aucun de ces avachis de la conscience ne daignera lever un sourcil en hommage à votre fils et à votre douleur. Ils continueront à protéger leur petit pré carré coûte que coûte, à afficher "fermé" à 17 heures (vos 17h45 sont bien indulgentes) et à pleurnicher sur leurs difficultés imaginaires. Courage à vous, ne les lâchez pas. Et toutes mes pensées dans ce drame avec lequel vous devez vivre chaque jour.

Avatar de Philla 07

Je suis profondément touché par ce qui vous est arrivé. Comment ne pas crier devant l'inadmissible. Merci à vous d'exprimer votre humanité. ❤

Avatar de knipper

On ne fait pas le deuil de son enfant... et oui aussi ce n'est pas dans la douceur qu'on récupérera notre destin notre liberté. Il est grand temps... et bon courage à vous.

Avatar de Chantal Roccia

Trop émue pour écrire beaucoup de choses. De tout coeur avec vous et avec Max, dont vous êtes le porteur de la mémoire et de l'âme.

Avatar de Miaude42

Comme je compatis à votre douleur d'avoir perdu votre fils par suicide. La mort brutale par accident d'un être cher est difficile à vivre mais le suicide est terrible. Je l'ai vécu avec mon frère il y a de nombreuses années, le deuil se fait très lentement, quand il se fait !

De plus se voir refuser des explications est en dessous de tout. Le comble de l'inhumanité.

Courage à vous dans votre combat.

Avatar de Wassila Beneddine

Merci Eric pour ce témoignage. Merci aussi de votre confiance, nous amis du CDS et Verhaeghe Briefing. J’avais reconnue à faire une carrière de pharmacien hospitalier à cause de ce que vous appelez «  l’hôpital ce monstre froid »! J’étais jeune mais mon instinct m’avait emmenée sur une autre voix … Voilà, l’article le plus poignant que je n’ai jamais lu au sein de votre tribune.

Avatar de Marie

J admire votre courage face à ce drame épouvantable et la suite qui y est donnée.

Mais vous avez la force de continuer le combat qu'est bien souvent la vie.

Permettez-moi de vous embrasser. Merci.

Avatar de Elin

Toute ma compassion à vous et à votre famille. Perdre un enfant est une douleur indicible. Je comprends votre combat pour éviter que d’autres vivent cela et pour rendre justice à votre garçon. Il est scandaleux que ce système public, si avantageux pour les médecins, soit incapable d’apprendre et d’accepter la critique. Cette situation est extrêmement dangereuse....

Avatar de SCAPA

Très touché par ce long récit avec toutes les précisions et informations sur vous apportez. Je me sens assez impuissant vis à vis de la douleur qui doit être la votre et la déception des réponses judiciaires liées à cet événement.

Avatar de Pagura

Profondément désolé et attristé de la perte de votre fils, j'approuve totalement votre démarche.

Cordialement

Emilio Pagura

Avatar de Dali

Bonsoir...

Mon Dieu si je pouvais vous parler...En vous lisant..J'ai vu ma propre histoire..Sauf que moi ce n'était pas un TS mais une agression..

Je me suis préparée et habillée en blanc...Sans savoir pourquoi..J'étais heureuse et quelques heures après vers 3h du matin Mon ex a surgit dans mon appartement et j'ai fini par la fenêtre...Hôpital Fracturee ( colonne vertébrale, poignet, astragale...J'étais entrain de mourir sous les yeux de mon fils de 7 ans..Compression de ma cage thoracique Je ne respirais plus..J'avais 27 ans

Je vous lisais et je me revoyais..Bravo pour votre courage et votre détermination pour la vérité Pour votre fils Pour moi se fût une autre histoire pour démontrer tt ça à la justice malgré les témoins

Ils sont inhumains!!! Tous du dépôt de plainte aux plus hautes instances Pourtant, j'avais toutes les preuves de mon agression

J'ai toujours espoir d'une justice un jour...

Avatar de jd.metzger

J'ai lu votre article avec intérêt et je compatis à votre peine.

Vous avez laissé échapper un détail qui m'incite à penser que les tendances suicidaires de votre fils qui ont été reconnus par le psychiatre de service résulteraint en fin de compte d'un gros déficit hypothyroïdien. L'hypothyroïdie est quasiment la mère de toutes les pathologies et tout est conçu certainement de manière intentionnelle pour empêcher toute possibilité de diagnostic sérieux et si au siècle dernier on savait soigner correctement ce type d'affection en France particulièrement on s'est démerdé pour que les suppléments thyroïdiens soit devenus inopérants. J'aimerais pouvoir vérifier éventuellement mon diagnostic aussi vous pouvez me contacter par le blog de Jean-Daniel Metzger qui est actuellement en sommeil mais vous pouvez me joindre par ce moyen.

Avatar de Emma , la krakante

La déshumanisation de la société ne tombe pas du ciel.

Elle se construit, lentement, à tous les étages.

Quand la compétence recule.

Quand la conscience professionnelle s’efface.

Quand le « ce n’est pas de ma faute » devient un réflexe pavlovien.

Le manque de moyens est devenu l’alibi universel.

Il explique tout, excuse tout, neutralise toute responsabilité.

À force de se retrancher derrière des contraintes, on finit par ne plus se sentir comptable de rien ni de ses actes, ni de leurs conséquences.

Mais cette déresponsabilisation a un autre effet, plus insidieux encore :

elle infantilise.

Une société qui ne demande plus d’exigence,

qui valorise l’excuse plutôt que l’effort,

fabrique des individus déchargés de leur responsabilité… et de leur maturité.

À cela s’ajoute la crétinisation organisée via les réseaux sociaux :

flux continus, émotions simplifiées, indignations jetables,

divertissement permanent pour éviter toute confrontation au réel, à l’essentiel.

Tout devient réaction.

Plus rien n’est réflexion.

La déshumanisation commence peut-être là :

au moment où l’on renonce à penser,

à faire correctement son travail,

à habiter le réel plutôt qu’à le fuir.

Ce n’est pas seulement une crise de moyens.

C’est une crise de conscience, de maturité… et de courage.

Avatar de bernardpons

Bonjour Verhaeghe,

Moi aussi j’ai un fils de 27 ans dont le souvenir est toujours douloureux. Une femme juive pleure tout autant son fils qu’une femme palestinienne. Je ne suis aucun des deux, même pas une femme, mais je pleure. Et le matin comme toi je me demande ce que je pleure. Je pleure quand je vois le signe de l’émergence du totalitarisme. Il est là, il montre le bout de son nez, on se demande si c’est bien lui, mais non, n’ayons pas peur, et puis voilà qu’il s’installe, prend force, et quand enfin on se retourne il est trop tard. Pour paraphraser Élisabeth Badinter.

Cela surgit au cœur de nos civilisations, au point névralgique : l’école et la gestion du fragile, nos enfants. Pour nous, pour eux, au moindre signe de nuance – pourtant une bonne chose – l’enfant se prend tout le poids de la machine normative.

Renversement pervers : ce qui devrait protéger dévore. Le système tire son pouvoir de la vulnérabilité qu’il crée lui-même. C’est la norme qui définit la fragilité, qui fabrique le fragile pour justifier son emprise.

L’exponentiel de la situation : le système se nourrit du problème. Il est devenu ontologiquement destructeur.

Nous avons créé un monstre terré dans nos institutions. Il dévore tout ce qui pense, se sépare, vit. Tout ce qui est beau.

Et maintenant ce monstre s’attelle à dévorer le peuple, comme Alexandre le Grand a tué son fils pour conserver son trône. Le peuple, pour avoir sa valeur de ressource vendue dans les obligations d’État à la caste, se doit d’être quantifiable et jaugé. Le pouvoir doit gouverner par les nombres, au déni de l’humain.

Il convient donc de le bafouer, c’est la doctrine appliquée vêlement par nos apparatchiks. Chacun s’occupe de sa place dans la pyramide sans se soucier un instant si celle-ci est mortifère.

Le système fonctionne sur la peur du plus pauvre. En sortant de la boulangerie, j’ai abandonné ma monnaie à un brave gars sur le trottoir. Cela m’a fait me sentir riche et puissant. Tout va bien.

Quelque chose c’est renversé, voilà comment ils nous tiennent. L’homme doit accepter sa condition. Il faut considérer Sisyphe heureux.

Les Chinois sous Mao faisaient payer la balle du condamné à mort par la famille. Femme et enfant devaient payer, cher, la balle qui a tué l’homme, parce qu’il n’était pas assez communiste.

Les citoyens français supportent qu’une nation d’extrême droite impose son orchestre dans le cœur de Paris, et, pour les classes inférieures, un chanteur soldat génocidaire se produisant en public.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Ben Gvir, distribue des bonbons pendant que la Knesset adopte une loi stipulant l’exécution des prisonniers palestiniens.

Ne t’excuse pas d’être ce que tu es, il faut que l’autre le ressente dans sa chair. Tu existes quand l’autre a mal de te ressentir, l’autre doit s’habituer à ce mal pour se soumettre.

Et c’est ainsi que fonctionne toute domination : la domination ne s’établit jamais par la seule force brute, elle exige une acceptation collective, même silencieuse, qui devient sa véritable fondation. Le pouvoir oppressif ne cherche pas simplement à contraindre les corps, mais à coloniser les esprits en forçant les dominés à intérioriser leur propre souffrance comme une normalité inévitable. Cette normalisation de l’inacceptable opère par l’habituation : la douleur répétée cesse d’être scandaleuse pour devenir familière, le choquant devient banal, l’intolérable se transforme en simple fait divers. Le dominant n’existe pleinement que dans cette mise en scène permanente de son pouvoir de faire mal sans conséquence, et le dominé accomplit sa soumission non pas en obéissant, mais en cessant de ressentir comme une agression ce qui devrait le révolter. C’est dans cet espace psychologique où nous tolérons collectivement ce que nous prétendons individuellement condamner que se loge le véritable mécanisme de l’oppression : non pas dans la violence elle-même, mais dans notre capacité à détourner le regard, à nous habituer, à accepter que certaines vies puissent être humiliées publiquement sans que cela ne trouble notre confort ni n’ébranle l’ordre établi.

Pons.

Avatar de lak

Vraiment des lâches et des minables, la loi de l’Univers va s’occuper de ceux qui ont commis des troubles, des injustices, et des désordres.

l’avantage d’internet, c’est que tous est “ enregistré “ pour preuves quand la vraie Justice va s’emparer des dossiers laisser pour compte.